282                         Les Spectacles de la Foire.
prennent la liberté de fupplier Sa Majefté de vouloir bien leur continuer la furféance qu'elle leur a déjà accordée parce que, fans cela, la grâce que Sa Majefté leur a faite deviendroit inutile, les fommcs confignées feroient enlevées et il ne feroit pas poffible de les retirer. A ces caufes requéroient qu'il plût à Sa Majefté proroger, pour tout le tems que durera l'inftance en caffation, la furféance accordée par l'arrêt du 27 mars dernier et faire défenfe à Holtz et Godard et à tous autres de faire pour raifon de ce aucune pour-fuite à peine de défobéiffance. Vu ladite requête, l'acte de confignation de 6,000 1, faite entre les mains de Durand, notaire, par les comédiens en cenféquence dudit arrêt du Confeil du 27 mars dernier et tout confidéré :
Sa Majefté étant en fon Confeil, a prorogé et proroge pour un mois la furféance portée par ledit arrêt du 27 mars dernier; pendant lequel tems il ne pourra être exercé aucune contrainte par corps contre lefdits comédiens pour raifon de la condamnation de 6,000 1, portée par ledit arrêt du Grand-Confcil du 14 dudit mois de mars, à la charge quc ladite fomme de 6,000 1.. demeurera confignée entre les mains de Durand, notaire, jufqu'à cc qu'il cn ait été ordonné par juftice. Le 27 avril 1709.
Signé : Phelypeaux.
{Corneil à'Elal, E, 1947.)
XVI
Vu par le Roi, étant en fon Confeil, la requête préfentée à Sa Majefté par Henri Holtz ct Jean Godard, fuiffes de la garde ordinaire de M. le duc d'Orléans, contenant qu'en qualité de propriétaires de deux loges iïtuécs dans le préau de la foire de St-Gcrmain-des-Prés et prenant le fait et caufe de Charles Dolet, Antoine de Laplace, Alexandre Bertrand ct Chriftophe Selles ct autres leurs gagiftes, ils ont eu une conteftation portée et liée au Grand-Confeil avec les.comédiens françois au fujet des divertiffemens ct jeux que les-fupplians font donner au public et que les comédiens entre­prennent de troubler; fur ce différend, les comédiens ne fe font pas contentés de comparoître au Grand-Confeil, mais ils y ont encore formé des demandes et pourfuivi l'arrêt contradictoire qui a prononcé fur toutes les prétentions des parties le 14 mars 1709 à l'audience; mais quoique par cet arrêt, les comédiens aient gagné leur caufe fur le fond et que les fupplians n'aient rien entrepris au préjudice de fa décifion, les comédiens, par unéTurprife inexcu­sable, fe font pourvus d'un côté au Confeil d'État où, fous prétexte de la demande qu'ils difent avoir faite au Confeil privé en caffation de l'arrêt contradictoire du Grand-Confeil du 14 mars dernier, ils ont obtenu des défenfes de l'exécuter pendant un mois par arrêt du Confeil d'État du 27 mars 1709 ; d'un autre côté, pendant qu'ils fufpendent ainfi l'exécution d'un arrêt